Novelarium : aux origines du concept
Je crois qu'il est temps de vous parler d'un projet dans lequel je me suis beaucoup investi ces derniers temps.
À l'origine : un constat et une frustration
Je participe régulièrement à des concours ou des appels à textes en tous genres, thématiques ou athématiques. Je ponce mes nouvelles, j'envoie… puis viens l'attente… longue, voire très longue…
Souvent (très souvent) cela se solde par un refus. Les raisons ne manquent pas. Le comité de lecture a aimé, mais ils avaient déjà arrêté leur choix sur un texte au thème similaire. Texte pas assez neutre, ou pas assez engagé, suivant la cible de la maison d'édition. Je pourrais continuer longtemps la liste, toujours est-il que mon texte est là, il existe, il me plaît. Mais qu'en faire? Et je ne pense pas être le seul à me poser ce genre de question.
Le dilemme qui paralyse souvent les auteurs, l'ancien moi y compris, peut se résumer ainsi : soit je publie mon texte (sur mon blog ou sur n'importe quelle plateforme d'autopublication) et j'accepte qu'il ne puisse plus jamais être publié à l'avenir, la majorité des revues exigeant de l'inédit; soit je le laisse dormir sur mon disque dur en espérant pouvoir le recaser un jour.
Pas franchement satisfaisant, n'est-ce pas? Surtout qu'attirer des lecteurs en nombre sur un blog n'est pas chose aisée. Sans compter que ce choix ne concerne pas que les textes refusés. Dans le cas d'une sélection, le texte est publié assorti généralement d'une période d'exclusivité. Et une fois celle-ci écoulée? Retour à la case départ.
Un contexte de recul global de la lecture
Étude du CNL après étude du CNL, les chiffres se font de plus en plus alarmants. J'ai failli tomber de ma chaise en avril lorsque j'ai entendu cette statistique : la moitié des 12-19 ans ne savent pas qu'il existe des auteurs vivants.
On peut faire l'autruche et se dire qu'en continuant de faire pareil, ça va s'améliorer (c'est la définition de la folie au passage), ou bien se demander s'il ne faut pas changer d'approche.
Être publié c'est bien, être lu c'est mieux!
C'est de la somme de ces deux réflexions qu'est née l'idée de Novelarium : une WebApp dédiée à la littérature courte, levant un maximum de barrières entre les créateurs et les lecteurs. L'utilisateur indique le temps qu'il a devant lui (la durée de son trajet en transport en commun au hasard), un genre en particulier s'il le désire, et en deux clics il peut commencer à lire de la littérature. En option, la possibilité d'affiner via un filtre géographique pour découvrir les auteurs autour de chez soi, ou bien pour s'imprégner de l'ambiance de la ville que l'on va découvrir lors du prochain week-end.
Si je vous en parle, c'est que le projet prend forme avec l'ouverture de la soumission aux auteurs. La promotion se limite pour le moment aux forums d'écrivains, le temps de corriger les derniers bugs et de faire progresser la plateforme grâce à leurs retours.
Vous êtes curieux de voir à quoi ça ressemble concrètement? Rien de plus simple : https://novelarium.app